Créer une entreprise au Canada : 5 questions clés à se poser

Le Canada est souvent perçu comme un marché accessible, stable et ouvert aux entreprises étrangères.

En pratique, créer une entreprise au Canada depuis l’étranger soulève rapidement des enjeux juridiques, fiscaux, opérationnels et stratégiques qui, s’ils sont mal anticipés, peuvent entraîner des coûts importants, des retards et des erreurs structurelles difficiles à corriger.

Avant toute décision, certaines questions doivent impérativement être posées.

Cet article propose un cadre de réflexion clair autour des 5 questions essentielles à se poser avant de créer une entreprise au Canada, afin de sécuriser son projet d’implantation et de poser des bases solides pour un développement international durable.

 

1 – Quelle structure juridique ?

Chez Zèbre Stratégie, nous accompagnons des entreprises européennes, canadiennes et asiatiques dans leurs projets d’implantation et d’expansion internationale, notamment entre l’Europe, le Canada et la Corée du Sud.

Notre approche ne se limite pas à la création juridique : elle intègre la stratégie d’entrée marché, la structuration opérationnelle, les contraintes réglementaires et les enjeux culturels, afin d’assurer un déploiement cohérent et durable.

La première étape pour implanter votre entreprise en tant qu’entreprise étrangère au Canada est de déterminer la structure juridique de votre entreprise. Les options courantes incluent la création d’un bureau, d’une succursale, d’une filiale ou d’une entreprise individuelle. Chacune de ces options a ses propres avantages et inconvénients en termes de responsabilité légale, de gestion et de fiscalité.

Il faudra également déterminer qui va créer la structure au Canada … Il pourra s’agir des associés de l’entreprise européenne, d’une holding ou de la société mère.

Chacune de ces options aura des implications sur la gestion du bénéfice généré et de son imposition.

 Le bureau

Un «bureau de représentation» est une entité commerciale. Il permet de confirmer sa présence dans le pays et sert uniquement à représenter l’entreprise étrangère.

Il peut être utile pour établir des contacts avec des partenaires potentiels ou pour mener des activités de marketing et de promotion

En revanche, avec cette option, vous ne pourrez pas conclure des affaires et faire du business au Canada. Il faudrait plutôt créer une succursale ou une filiale.

 La succursale

La succursale est une extension de l’entreprise étrangère mais au Canada. La succursale n’est pas une entité juridique distincte de sa société mère. Elle opère au Canada sous la direction et le contrôle de l’entreprise étrangère.

Le principal avantage de créer une succursale est le partage des coûts d’exploitation avec la société mère. Il peut également y avoir un avantage fiscal selon les taux d’imposition applicables dans le pays d’origine de l’entreprise par rapport au Canada. Une analyse comparative est indispensable avant toute décision.

En revanche, le principal inconvénient est la responsabilité juridique. Les dettes et les obligations sociales étant de la responsabilité de l’entreprise mère.

 La filiale

Une filiale est indépendante de l’entreprise étrangère mère. Elle existe juridiquement au Canada grâce à son enregistrement ou son incorporation au niveau provincial ou fédéral. Elle est cependant contrôlée par l’entreprise étrangère qui détient majoritairement des parts de celle-ci.

L’intérêt de créer une filiale est la réduction des risques puisque l’entreprise étrangère peut limiter sa responsabilité à la filiale canadienne et ainsi limiter l’impact de son activité au Canada.

Le choix de la structure est souvent l’une des décisions les plus mal anticipées lors d’une implantation au Canada.
Le tableau ci-dessous synthétise les principales options afin de comparer rapidement leurs implications juridiques, fiscales et opérationnelles pour créer une entreprise au Canada.

Panorama comparatif des structures juridiques pour une implantation au Canada

Type de structure
Présence au Canada
Responsabilité
Risques
Bureau de représentation Commerciale non opérationnelle Maison mère Limite stricte des activités autorisées
Succursale Opérationnelle Maison mère (illimitée) Fiscalité + responsabilité directe
Filiale Opérationnelle

Limitée à la filiale

Coûts de structure, gouvernance
Entreprise individuelle Personnelle et active Personnelle illimitée ⚠️ Permis de travail requis, exposition immigration
Entrepôt Opérationnelle Selon structure juridique ⚠️ Établissement permanent, fiscalité indirecte

En pratique, une même entreprise peut combiner plusieurs de ces dispositifs. Le bon choix dépend toujours du périmètre réel d’activité envisagé au Canada.

Poignée de main symbolisant la signature d’un partenariat stratégique entre deux entreprises internationales

2 – Comment créer son entreprise ?

Une fois que vous avez déterminé la structure de votre entreprise, vous devrez effectuer des démarches d’immatriculation de l’entreprise au Canada.

C’est certainement la partie la plus facile d’une implantation au Canada !! Les démarches dépendront du type d’entreprise que vous allez créer.

Veuillez noter que les procédures exactes peuvent varier en fonction de la province ou du territoire où l’entreprise est enregistrée, ainsi que de la forme juridique choisie.

 L’entreprise individuelle

Il suffit de choisir un nom commercial et d’inscrire celui-ci auprès du Registraire des entreprises en produisant une déclaration d’immatriculation. C’est une procédure simple qui coûte 38$. Revenu Québec a d’ailleurs mis en place une rubrique Démarrer votre entreprise pour faciliter les démarches.

Vous allez ainsi obtenir un numéro d’entreprise prouvant l’existence de votre entreprise.

Vous pouvez également vous inscrire aux taxes locales afin de pouvoir les récupérer. Il n’y a pas d’obligation tant que vous ne dépassez pas les 30 000$.

 La société incorporée

On appelle société «incorporée» toute entreprise constituée en société. Cela permet aux associés de bénéficier d’une responsabilité limitée. L’équivalent en France serait la SARL ou la SA.

Les formes les plus courantes sont certainement la société par actions et la société en nom collectif.

Là aussi, les démarches sont simplissimes. Il suffit de choisir un nom d’entreprise, créer des statuts constitutifs (on peut télécharger un modèle de base), choisir où domicilier le siège social et payer les frais.

Toutes ces démarches peuvent être effectuées en ligne sur le site du gouvernement fédéral : comment incorporer une entreprise.

 

 

3 – Comment optimiser sa situation fiscale ?

La compréhension des lois fiscales canadiennes et de celles du pays d’origine de l’entreprise est essentielle afin d’éviter les situations de double imposition. C’est pour cette raison que Zèbre stratégie a dans son équipe, un expert de la fiscalité internationale, pour vous aider à déterminer vos obligations fiscales et à optimiser votre situation fiscale.

Selon la structure juridique que vous choisirez, le taux d’imposition du bénéfice généré pourra être imposé au Canada, dans le pays d’origine, voire même dans les deux pays.

L’impôt sur les sociétés

Si l’entreprise est établie dans un pays avec lequel le Canada a conclu une convention fiscale, cette convention peut prévoir des règles spécifiques en matière d’imposition des revenus canadiens de l’entreprise étrangère.

Le Canada a conclu des conventions fiscales avec de nombreux pays, notamment en Europe et en Asie, qui encadrent l’imposition des bénéfices, des dividendes et des revenus des dirigeants. Et selon l’article 7 de la convention fiscale :

«Les bénéfices d’une entreprise d’un État contractant ne sont imposables que dans cet État, à moins que l’entreprise n’exerce son activité dans l’autre État contractant par l’intermédiaire d’un établissement stable qui y est situé.»

 

Il faudra donc définir si votre entreprise détient un «établissement stable» au Canada et est donc soumise à l’impôt sur les sociétés canadiens, appelés ici «Impôt sur le Revenu des Entreprises (IRE)».

Au Canada vos bénéfices seront soumis à une double imposition : l’impôt fédéral (26,5%) et l’impôt provincial (entre 2,5% et 16%) selon la province dans laquelle vous souhaiterez vous installer. Une étude des taux d’imposition locaux peut donc s’avérer utile.

Enfin, que fait-on des bénéfices nets générés ? Les verse-t-on sous forme de dividendes ou faisons-nous un virement de compte à compte dans le cas d’une succursale ?

Là aussi les taux d’imposition sont à étudier, non seulement pour la fiscalité canadienne mais aussi concernant la fiscalité du pays d’origine de l’entreprise, puisque tout revenu distribué peut être soumis à imposition selon la législation locale. Dans la mesure où les bénéfices ne sont pas réinvestis dans une succursale canadienne, le Canada soumet les transferts bancaires à un impôt supplémentaire de 25%, l’Impôt sur les bénéfices des succursales (IBS). 

Les charges sociales

Les employés exerçant une double activité au Canada et dans leur pays d’origine, devront être soumis aux cotisations sociales des 2 paysLà aussi, le total des cotisations peut s’avérer élever si l’on cumule celles des deux pays.

Certaines conventions bilatérales prévoient des dispositifs spécifiques pour les salariés détachés, permettant d’éviter une double cotisation sociale. Ces mécanismes varient selon les pays et doivent être analysés au cas par cas.

Enfin, concernant les associés, sachant que leur rémunération sera assujettie à l’impôt sur le revenu des entreprises, à l’impôt de transfert des succursales, aux dividendes et/ou à l’impôt sur le revenu, un calcul complexe s’impose pour tirer au maximum profit de la convention fiscale.

Notre avocat fiscaliste Xavier sera là pour vous aider à calculer quelle est la meilleure option pour vous et votre entreprise.

 

Panneau Immigration Canada – permis de travail et recrutement international

4 – Comment recruter et obtenir des permis de travail ?

Le Canada a des lois qui régissent les relations employeur-employé. Vous devrez vous familiariser avec ces lois et vous assurer que votre entreprise est en conformité avec les normes locales. Vous devrez également vous assurer que vos collaborateurs non canadiens peuvent obtenir les permis de travail nécessaires pour travailler au Canada.

 Le droit du travail canadien

Le droit du travail canadien va vous faire redécouvrir les joies de l’entreprenariat si vous êtes habitué à des cadres juridiques plus rigides. C’est du bonheur ! Adieu, les hésitations interminables, dignes d’une demande en mariage, avant de proposer un CDI (d’ailleurs ici cela n’existe pas)… Vous pouvez embaucher et arrêter le contrat comme bon vous semble.

C’est aussi valable dans l’autre sens. Les employés ne vous doivent «que» 2 semaines de préavis et partent donc aussi vite qu’ils sont arrivés s’ils trouvent mieux ailleurs. Bref, la concurrence est rude et garder un salarié relève du parcours du combattant à moins que vous n’y mettiez le prix et des conditions très favorables.

Le droit du travail étant relativement simple, l’enjeu se trouve ailleurs. Il concerne davantage les us et coutume du pays. Ainsi il est «normal» ici de ne pas venir travailler si on a réussi à décrocher un rendez-vous médical. De même que la conciliation vie familiale-travail étant extrêmement importante, personne ne dira rien si un employé fait passer sa famille en priorité et ne vient pas travailler.

Notre experte en inclusion et management culturel des équipes, Cécile, saura vous apporter la connaissance nécessaire à une bonne gestion de votre personnel au Canada. Elle pourra également former vos managers aux différences culturelles et aux us et coutumes du pays pour une meilleure gestion de vos équipes.

 Les permis de travail

Au Canada, vous et vos équipes êtes considérés comme des travailleurs étrangers. A ce titre, vous êtes obligé d’obtenir un permis de travail pour pouvoir exercer une activité professionnelle rémunérée. Il existe cependant des exceptions avec une liste de métiers pour lesquels un permis de travail n’est pas nécessaire. C’est le cas notamment des visiteurs commerciaux.

Cependant le Canada fait la différence entre les visiteurs commerciaux et les gens d’affaires, qui eux ont généralement besoin d’un permis de travail. Il faut donc s’assurer de ne pas tomber malencontreusement dans l’autre catégorie.

De même, si vous souhaitez faire venir un travailleur hautement spécialisé pour travailler durant une courte durée, il n’est pas nécessaire d’obtenir un permis de travail. Ce peut être le cas de certains de vos techniciens ou experts d’un domaine, que vous envoyez pour une mission bien précise.

Dans tous les autres cas, un permis de travail est requis. Les permis de travail sont habituellement accordés à un employeur en particulier, pour un type de travail précis qui doit être exécuté à un emplacement spécifique et pendant une période déterminée.  A moins que le type de travail exécuté au Canada ne fasse l’objet d’une dispense, l’employeur qui souhaite faire entrer un travailleur au Canada doit d’abord obtenir d’Emploi et Développement social Canada (EDSC), une Étude d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT) qui lui soit favorable.

Heureusement l’obtention d’une EIMT n’est pas obligatoire dans tous les cas. La signature de l’AECG/CETA permet notamment de faciliter la mobilité d’une certaine catégorie de travailleurs en dispensant les entreprises d’une demande d’EIMT. C’est le cas notamment pour les gens d’affaires, pour les transferts temporaires intragroupes, les professionnels indépendants et les visiteurs en déplacement d’affaires de courte durée.

Attention cependant ! Au Canada, 26% de la population active est immigrante. Il faudra donc également vous assurer que les personnes locales que vous embauchez détiennent un permis de travail en règle pour pouvoir travailler dans votre entreprise.

Notre service juridique reste à votre disposition pour étudier avec vous vos besoins en permis de travail pour vous et vos salariés.

 

5 – Le commerce international entre le Canada et les marchés étrangers

Enfin, il est important de comprendre les règles du commerce international entre le Canada et les marchés étrangers. Cela peut inclure des tarifs douaniers, des accords de libre-échange et des normes réglementaires. Travailler avec Zèbre stratégie vous aide à naviguer dans ces complexités et faciliter vos activités commerciales.

Les accords de libre-échange conclus par le Canada, notamment avec l’Union européenne et certains pays asiatiques, facilitent les échanges et permettent de réduire les frais de douane, il faut, pour en bénéficier, répondre à certaines règles et fournir certains documents.

De plus, ce n’est pas parce que les frais de douane ont quasiment disparus que les normes règlementaires ne s’appliquent pas. Vos produits et services devront donc se mettre aux normes locales s’ils veulent entrer sur le marché canadien. Cela peut s’avérer un véritable challenge pour les produits alimentaires dès que cela touche aux documents sanitaires et phytosanitaires.

 

En conclusion, créer son entreprise au Canada peut être une opportunité passionnante pour développer son business. Cependant, si l’on veut éviter les pièges et être bien préparé, rien de tel que de se faire accompagner par des spécialistes du marché. Zèbre Stratégie peut vous aider à naviguer dans ces complexités et vous assurer que votre entreprise aura créé la bonne structure pour réussir sur le marché canadien.

 

Aller plus loin

Chaque projet de création d’entreprise au Canada est unique.
Le choix de la structure, du modèle d’implantation et du calendrier dépend fortement du marché ciblé, du secteur d’activité et des objectifs de développement.

Zèbre Stratégie accompagne les entreprises étrangères dans la structuration et la sécurisation de leur implantation au Canada, en Europe et en Corée, en amont de toute décision opérationnelle.

Si vous envisagez un projet d’implantation ou souhaitez valider votre approche, n’hésitez pas à nous contacter pour un échange exploratoire.

Vous pourriez aussi aimer …

0 commentaires

Laisser un commentaire

Maîtrisez l'international!

Recevez chaque mois nos conseils, actualités & ressources pour réussir à l'export.

Félicitations !!! Vous vous êtes inscrits

Découvrez si vous êtes éligible à des subventions!

 

Demandez votre consultation personnalisée GRATUITE et bénéficiez de nos conseils d'experts pour un accompagnement sur mesure 

 

Pour plus d'informations, nous vous invitons à consulter notre politique de confidentialité

Félicitations !!! Vous vous êtes inscrits

Partagez
Partagez ceci

Vous avez aimé cet article ?

Partagez-le avec vos relations !